[FR] Mais elle est faite avec beaucoup de soin
[FR] Mais elle est faite avec beaucoup de soin
Qu’est-ce que le « cycle gravido-puerpéral » ? Ce terme complexe désigne une période englobant un processus physiologique qui entraîne des changements physiques, psychologiques et sociaux chez la femme, influencés par de nombreux facteurs biologiques et socioculturels. Ce cycle s’étend de la conception de l’enfant à plusieurs semaines ou mois après sa naissance, en fonction […]Qu’est-ce que le « cycle gravido-puerpéral » ? Ce terme complexe désigne une période englobant un processus physiologique qui entraîne des changements physiques, psychologiques et sociaux chez la femme, influencés par de nombreux facteurs biologiques et socioculturels. Ce cycle s’étend de la conception de l’enfant à plusieurs semaines ou mois après sa naissance, en fonction de ces mêmes facteurs.
Ce concept est également central dans le projet coordonné par la professeure Roberta Romaniolo de Mattos, du Département de Physiothérapie, intitulé « Évaluation et intervention de la physiothérapie dans le cycle gravido-puerpéral ». Bien qu’actif depuis septembre 2022, ce projet est l’héritier de nombreuses initiatives antérieures, remontant à 1992, avec le célèbre Cours pour femmes enceintes de l’Hôpital Universitaire de l’UEL.
Roberta a été stagiaire dans ce cours lorsqu’elle était étudiante, sous la supervision de la professeure Maria Aparecida do Carmo Assad, aujourd’hui retraitée. Elle est revenue en tant qu’enseignante et a poursuivi le projet d’accompagnement des futures mères, tout en créant le GPEEGSP (Groupe de recherche, d’enseignement et d’extension sur la grossesse et le post-partum).
Initialement réalisé dans l’Ambulatoire de Physiothérapie de l’HU/UEL, le projet se déroule désormais dans le Laboratoire d’Enseignement de la Physiothérapie, au Centre des Sciences de la Santé. Cet espace est équipé d’un tatami, d’appareils (ballons, bâtons, etc.) et d’autres outils pour les exercices physiques. Il comprend également une salle de classe avec une télévision, utilisée pour des orientations théoriques et des activités d’Éducation pour la Santé.
Actuellement, le projet accompagne huit femmes enceintes, avec quatre autres sur liste d’attente, en raison de leur stade de grossesse : pour y participer, la femme doit être au moins à la 16ᵉ semaine. Selon la coordinatrice du projet, aucune adolescente ne fait partie des participantes. « Elles se sentent souvent à l’écart, parfois à cause de leur situation familiale. » Actuellement, les participantes ont entre 23 et 37 ans. « Mais nous avons déjà accueilli des femmes de 39, 40, voire 42 ans », rappelle la professeure Roberta. Le programme comprend 13 séances, réparties sur environ trois groupes par an, avec un système d’intégration en flux continu.
Ce projet reflète la réalité du service gynéco-obstétrique de l’hôpital, réputé pour prendre en charge des grossesses à haut risque. De nombreuses patientes souffrent de comorbidités comme l’hypertension artérielle, le diabète ou encore des grossesses gémellaires. « C’est la routine », affirme Roberta.
Plaintes fréquentes
Par ailleurs, plusieurs femmes arrivent avec des plaintes, telles que des douleurs lombaires ou cervicales. Parfois, elles souffrent d’anxiété ou de peur liée à la douleur de l’accouchement. Le projet propose un suivi individuel simultané, toujours personnalisé, bien que certaines activités se déroulent en groupe.
« Nous voulons offrir la meilleure grossesse possible, en tenant compte des changements que le corps de la femme enceinte traverse », explique la professeure. La préparation vise un accouchement naturel, mais elle est également adaptée à une césarienne. « La césarienne a été largement banalisée », commente Roberta. L’accompagnement va au-delà de la physiothérapie et inclut des conseils sur la planification familiale, la sexualité (un aspect important, selon elle) et les émotions liées au post-partum.
Le « deuil puerpéral »
Cet aspect émotionnel est si sérieux qu’il s’apparente à un deuil : le « deuil puerpéral ». Lors de la première grossesse, la femme perd son rôle de fille pour devenir mère. Dans tous les cas, elle fait face à des changements dans son environnement professionnel et familial, tout en étant souvent « invisibilisée », car après la naissance, toute l’attention se concentre sur l’enfant. Parfois, le projet prend en charge des femmes en période puerpérale, même si elles n’ont pas participé au programme auparavant.
Mythes et vérités
La professeure Roberta évoque également de nombreux mythes liés à la période gravido-puerpérale, que le projet s’efforce de déconstruire. Par exemple, celui qui affirme que la bière brune stimule la production de lait maternel, ou que le chocolat provoque des coliques chez le bébé, ou encore que le café est strictement interdit. Les envies et aversions des femmes enceintes existent bien, mais pas celles qui surgissent à quatre heures du matin avec une envie de pudding de pequi au sirop de coriandre et nappé de parmesan. Quant aux aversions, certaines femmes enceintes peuvent avoir des nausées à cause d’odeurs comme la sueur ou le parfum de leur mari – une aversion qui peut parfois durer à vie.
La place de l’accompagnant
Selon la coordinatrice, le projet encourage la participation d’un(e) accompagnant(e) à plusieurs étapes du programme de préparation à l’accouchement. Cela peut être le mari, la compagne, la mère, etc. « Cela doit être quelqu’un qui aidera à prendre soin de la mère et du bébé après la naissance. Nous avons déjà accompagné des mères célibataires, des femmes séparées… », illustre Roberta.
Des futurs papas ont également participé à des cercles de discussion sur le post-partum, afin de mieux comprendre cette période sensible pour la femme après l’accouchement
À la fin des séances, le projet organise des activités sociales, telles que des cercles de discussion et une petite fête de clôture. Selon la professeure, il est habituel de créer un « album » photo des femmes enceintes, comme un souvenir pour toutes. De nombreuses mères reviennent à l’Hôpital Universitaire (HU) des années plus tard pour présenter leurs enfants déjà grands aux nouvelles participantes et à l’équipe qui les a accompagnées si longtemps.
Enseignement et recherche
Bien qu’il s’agisse d’un projet d’extension, il est étroitement lié à des activités d’enseignement et de recherche. Actuellement, le projet sert de terrain de stage pour quatre étudiants en physiothérapie, de la 1ère à la 4ème année. En plus de la coordinatrice, les professeures Adriana Paula Fontana Carvalho et Janaína Mayer de Oliveira, également du Département de Physiothérapie, y participent. Ensemble, elles encadrent sept étudiants en développant des travaux liés au projet, ainsi que deux autres en post-graduation, dans le cadre de la Résidence en Physiothérapie Urogynécologique, Obstétrique et Mastologique, la première du genre au Brésil.
Le projet a déjà donné lieu à plusieurs présentations lors d’événements scientifiques, à la publication de deux articles et de travaux dans des Actes de conférences, ainsi qu’à des mémoires de fin d’études de licence et de post-graduation (Résidence).
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le compte Instagram du Groupe d’Études : @gpeegspfisioobstuel.
Versão em francês: Mateus José Guimarães de Abreu, instrutor bolsista do Programa Paraná Fala Francês da UEL (PFF-UEL). Revisão: Prof. Me. Eduardo Henrique Ferreira, Docente do Departamento de Letras Estrangeiras Modernas da UEL.
Leia a matéria em português aqui.